Le point éco d’A.D du 21/07

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Désolée de ce petit retard, La Mondialette de Mens m’empêché de poster le Point éco hier… Je vous propose donc tout de suite le point éco d’A.D.

« Bonjour à tous,

1. Des taux négatifs : une aberration ?

Vous devez avoir lu quelque part dans la presse que la France empruntait désormais à des taux très faibles, voir négatifs (selon leur maturité). Pour rappel, on considère qu’une des raisons de taux d’emprunts bas est la confiance accordée par l’emprunteur à celui à qui il emprunte (dans ce cas la France). Logique: si vous pensez que celui à qui vous prêtez a une très forte chance de vous rendre la somme d’argent prêtée, à une date donnée, alors les intérêts que vous demandez sont bas (car faible prime de risque). Dans le cas de la France ça parait un peu paradoxal car on ne peut pas dire que notre cher pays est en très bonne situation. Et pourtant, regardez ci-dessous les taux auxquels emprunte la France sur 2 ans (en rose) : 0.103%

La France n’est pas la seule dans ce cas, et certains pays comme l’Allemagne empruntent à des taux négatifs (0.079%) ! Les investisseurs payent l’Allemagne pour lui prêter de l’argent, c’est pas beau ?

Constat similaire pour les US (en vert) et la Grande-Bretagne (en bleu).

Et si l’on regarde les taux 10 ans (ci-dessous en rouge), nous atteignons des records (aujourd’hui) bas. 1.16% pour l’Allemagne alors qu’elle empruntait à presque 4% en 2011.

Là encore, même chose pour les taux de la Grande-Bretagne, des US et du Japon (encore plus bas).

Comment analyser cette évolution ? Est-ce vraiment un signe de confiance ? Comment expliquer que la Grande-Bretagne, avec un ratio de dette / PIB de 85.7%, un déficit budgétaire supérieur à 8%, emprunte aujourd’hui à 1.48% sur 10 ans ?

Malheureusement ce n’est pas un signe de confiance quant à la capacité de la Grande-Bretagne d’honorer sa dette, ça serait aberrant… la raison à ces taux si bas est plutôt inquiétante : les dettes souveraines des autres pays sont tellement risquées, les autres actifs sur lesquels les investisseurs pourraient investir aussi, que les investisseurs ne trouvent rien d’autre à faire que d’investir sur la dette souveraine de ces pays là ! Aussi, les politiques monétaires des banques centrales (notamment la Fed, la Bank of England et la Bank of Japan), et leur rachat massif d’obligations souveraines, font baisser les taux.

Cela peut donc paraître aberrant, le santé fiscale de ces pays ne justifie pas ces taux, et pourtant… il s’agit donc de bulles qui un jour exploseront. Mais quand ? Là est la question ! il faudrait un élément déclencheur. Une aggravation de la situation en zone Euro et une contribution toujours plus importante aux aides aux différents pays en difficulté pour l’Allemagne, la fin de la confiance illimitée des japonais en leur dette souveraine (les japonais détiennent plus de 95% de la dette souveraine japonaise) ou un besoin de dépenser leurs économies (et donc de vendre leur dette souveraine) pour les japonais, une aggravation de la situation des banques britanniques, un manque de confiance envers la dette souveraine américaine face à leur immobilisme concernant le problème de leur dette (de sa réduction notamment). En attendant ces titres bénéficient de leur statut de valeur refuge… Ca ne pourra pas durer indéfiniment et ces bulles finiront pas exploser.

 2. Les prix des matières agricoles flambent !

La sécheresse aux Etats-Unis et en Russie font exploser les prix des matières agricoles. Le maïs explose, le blé aussi, du coup certains spéculateurs s’y mettent et poussent les prix encore plus hauts. Aïe, aïe, aïe, ça rappelle de mauvais souvenirs : souvenez vous l’année dernière, les émeutes dans les pays arabes, en Inde, en Chine etc. dues en partie à l’envolée des prix des matières premières. Dans certains pays comme la Chine, l’Inde, d’autres pays relativement pauvres, le budget nourriture représente 30-40% du budget des ménages (contre environ 10% pour des pays comme la France ou les Etats-Unis). Et donc quand les prix augmentent ces ménages se retrouvent rapidement en situation difficile. Et quand on ne peut plus manger les émeutes / manifestations se multiplient.

Regardez ci-dessous l’évolution du Food Price Index (indice des prix de la nourriture), mis en parallèle avec les mouvements sociaux.

Les récoltes de maïs sont particulièrement touchées par la sécheresse, et les prix atteignent actuellement des records (voir graph ci-dessous).

Attention donc, cette hausse des prix pourrait être facteur d’instabilité.

3. Les chiffres de la semaine

  • Aux US, les ventes de détails ont déçu : -0.5% par rapport au mois précédant alors que les analystes attendaient un gain. Pour info, sur les 27 dernières fois que les ventes aux détails ont été négatives pendant 3 mois d’affilée l’économie américaine est entrée en récession sous 3 mois. Il faudra donc défier les statistiques pour éviter une bien mauvaise nouvelle.
  • Les ventes de logements ont-elles aussi déçue, signe que la soi-disant reprise de l’immobilier n’est peut-être qu’un fantasme. Attendons cependant les prochains chiffres pour confirmer la tendance
  • Les chiffres hebdomadaires du chômage ne sont pas bons : 386 000 demandes d’allocation chômage (contre 365 000 attendus)
  • En Allemagne, l’indice ZEW (une indication du sentiment économique, qui évalue les perspectives économiques sur six mois) est à -19.6 (en dessous de 0 il s’agit de pessimisme)
  • En Grande-Bretagne les ventes au détail ne progressent que de 0.1% (contre 0.6% attendu)

Pas terrible donc. On peut ajouter à cela la sonnette d’alarme tirée par C. Lagarde concernant la situation en zone Euro (et son encouragement auprès de la BCE pour qu’elle aussi lance une politique d’assouplissement monétaire plus agressive via le Quantitative Easing) et ses révisions à la baisse de la croissance mondiale.

La plus mauvaise nouvelle vient surement de la forte montée des taux d’emprunts de l’Espagne. 7.22% sur 10 ans, un record (voir ci-dessous), le jour même où les ministres des finances de la zone Euro se sont mis d’accord sur l’aide de EUR 100 milliards accordée à ses banques, et cela seulement 3 semaines après un sommet qui était censé avoir sauvé la zone Euro. No more comment !

4. Les marchés

CAC 40 : +0.41%

S&P : +0.6%

FTSE 100 : -0.25%

EUR/USD : -0.75%

Taux 10 ans Espagne : +9.07%

Taux 10 ans Allemagne : -7.38%

Pétrole : +4.85%

Les marchés actions ne bougent pas beaucoup. Ils étaient pourtant en forte hausse avant aujourd’hui. La raison ? Difficile à expliquer face à des chiffres et nouvelles macro-économiques qui ne sont guère encourageantes. La seule explication que je peux trouver sont les attentes toujours plus fortes des marchés concernant une action de grande ampleur de la Fed : un QE3. Attendons de voir ce que donnera leur prochaine réunion, programmée le 31 juillet et 1er août. Personnellement je ne crois pas à l’imminence d’un QE3. Même si les statistiques macro des USA se détériorent, elles ne justifient pas encore, à mon sens, un QE3. A voir donc.

En attendant l’été risque encore une fois d’être agité. Un taux 10 ans de l’Espagne à ces niveaux ne pourra pas être supporté très longtemps.

 Sur ce je vous souhaite à tous un excellent week-end. A.D »

Je vous souhaite quant à moi un excellent dimanche! On se retrouve la semaine prochaine pour de nouvelles aventures! A ciaO ***

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