Le Point éco d’A.D du 28/07

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Ouh là là… Je suis en retard pour vous transmettre le point éco de la semaine… Bah oui, mais c’est que samedi je suis allée déjeuner chez Sister 1 et j’ai pris le gouter chez mamie noire… Et hier c’était barbecue chez Sister 2… + un problème technique hier soir… Bon, du coup, le voici, et j’en profite pour dire que les graphs de cette semaine sont super chouettes.

« Bonjour à tous,

1 – L’Espagne s’enfonce dans la crise

 Je vous le disais dans ma note du 15 avril, à propos de l’Espagne, que «ses régions sont très endettées et ne pourront pas rembourser certaines dettes au gouvernement espagnol».  Et bien ça y est, on commence enfin à parler du problème des régions espagnoles qui sont fortement endettées, certaines au bord de la faillite et d’autres carrément en situation de faillite !

Valence, Murcie sont en faillite, et c’est maintenant la Catalogne (qui représente 20% du PIB de l’Espagne) qui est proche du défaut de paiement et sollicite l’aide de son gouvernement, qui lui-même est… presque ruiné ! L’Espagne doit lever 42 milliards d’ici octobre, et, avant l’intervention de super Mario (Draghi), elle empruntait à 7.6% sur 10 ans. Sachant que son taux de chômage est supérieur à 24%, qu’elle est déjà en récession, ça paraît très compliqué.

Je vous rappelle quelques faits / chiffres concernant l’économie espagnole :

  • Taux de chômage : 24,6% (avec un taux de chômage des moins de 25 ans à plus de 50% !)
  • Les banques espagnoles ont un taux de créances douteuses (en % du total des prêts) de 8,9% (155,8 milliards d’euro), le plus haut niveau enregistré depuis 18 ans
  • L’économie espagnole est en récession (-1,7% attendu en 2012)
  • La bulle du secteur immobilier continue de crever

Face à cette situation et l’envolée de ses taux d’emprunt, l’Espagne, comme suspecté depuis longtemps, est sur le point de demander une aide à la BCE / FMI. On parle d’un montant de 300 milliards d’euro, ce qui lui permettrait de rester à l’écart des marchés (pour se financer) pendant 18 mois.

Faisons maintenant une petite parenthèse pour évoquer l’intervention remarquée et Mario Draghi (jeudi dernier). En 1 phrase il a permis aux marchés de s’envoler de plus de 6% en 2 jours ! «La Banque Centrale Européenne fera tout pour sauver l’Euro, et croyez moi ça sera suffisant ». Pas d’actions, d’engagements concrets donc, mais beaucoup de sous-entendus qui ont réjoui les marchés. La BCE indique donc qu’elle est désormais prête à, potentiellement :

  • Lancer un nouvel LTRO (Long Term Refinancing Operation), prêt aux banques à des taux bas (1%) sur une durée assez longue (3 ans pour les 2 derniers LTRO) afin de permettre aux banques de bénéficier de liquidités bon marché. Les marchés adorent ces liquidités qui sont souvent investies sur les actifs risqués (actions, matières premières notamment)
  • Racheter des titres souverains des pays en difficulté, comme l’Italie et l’Espagne, sur le marché secondaire. Elle ne l’a pas fait depuis l’été dernier (voir ci-dessous)

  • Une nouvelle baisse de ses taux directeurs (pour rappel, ils sont déjà au plus bas depuis la création de l’Euro, à 0,75%)
  • Donner une licence bancaire au fonds de sécurité (l’ESM) qui lui permettrait de racheter des dettes directement, et avec du levier
  • Une autre surprise de Mario ?

Bref, alors que la BCE avait annoncé il y a quelques semaines qu’elle ne souhaitait pas reprendre son programme de rachat de dettes souveraines (SMP=Securities Market Program), alors que le sommet d’il y a un mois était censé avoir réglé tous les problèmes (ou presque de la zone Euro), la BCE est maintenant prête, sous la pression des marchés et la menace d’un effondrement de la zone Euro,  à voir son bilan se détériorer et jouer son rôle d’acheteur de dernier recours.

Pour info voici ci-dessous l’évolution du bilan de la BCE depuis 2001. No comment, le graph parle de lui même.

 Si cette annonce est très positive pour les marchés (au moins à très court terme), que doit-on en penser ?

D’abord que cette annonce démontre l’extrême urgence de la situation. Sans cette annonce on va s’orienter probablement vers un été similaire à celui de 2011, peut-être même pire.

Ensuite, les doutes persistent quant à la mise en œuvre des actions évoquées ci-dessus. En effet l’Allemagne est contre le rachat de dettes souveraines par la BCE. L’Allemagne est aussi contre l’octroi d’une licence bancaire à l’ESM.

Pour les raisons évoquées ci-dessus, mais aussi lorsque l’on voit le bilan plus que mitigé des 2 premiers LTRO, je reste donc très sceptique. Au mieux la BCE permettra de repousser l’échéance (un démantèlement probable de la zone Euro, ou du moins l’exclusion de certains pays). Aussi, même si ces actions permettent de calmer les marchés, leur impact sur l’économie réelle est limité. Enfin, je ne crois pas aux miracles : on essaye de régler des problèmes liés à la dette avec… davantage de dette ! On ne fait que déplacer le problème (des consommateurs aux banques, puis des banques aux Etats, et maintenant des Etats aux banques centrales. Mais rappelons que ce sont les Etats qui contribuent au bilan et aux engagements des banques centrales !).

Fermons cette longue parenthèse et voyons ce que l’annonce de la BCE signifie pour l’Espagne.

Tout d’abord, l’annonce a permis de faire baisser les taux d’emprunts de l’Espagne, mais ils restent à 6,77%, ce qui est très élevé et pas tenable à moyen terme). Ensuite, même si toutes les actions potentielles évoquées ci-dessus sont mises en place, leur impact sur l’économie espagnole et sa situation financières seront très limités. Ca ne va pas faire baisser le chômage en Espagne, ça ne va pas faire remonter les prix de l’immobilier en Espagne, et donc réduire le taux de créances douteuses des banques espagnoles, ça ne va pas réduire la dette espagnole, ça ne va pas renflouer les caisses vides de ses régions …

Je pense donc toujours que l’Espagne devra demander une aide (non pas pour ses banques uniquement mais pour sa dette souveraine) dans les prochaines semaines ou prochains mois.

2 – Les signes de ralentissement de l’économie américaine s’accumulent

Le PIB du 2ème trimestre est tombé hier, +1,5%, après 2% au 1er trimestre. Voyez ci-dessous l’évolution du PIB depuis 2007 (ligne en pointillés), avec la contribution des différents secteurs à ce PIB.

On voit que la consommation des ménages y contribue largement. Problème, on en a parlé il y a quelques semaines, le taux d’épargne des ménages américains baisse (en dessous de 4%) et le moral des consommateurs fait de même, ce qui laisse présager des difficultés pour les mois à venir. Regardez donc l’évolution de la confiance des ménages américains (ci-dessous) :

Son industrie est aussi en difficulté. L’indice Richmond Federal Reserve Manufacturing Survey le montre. Cet indice affiche un -17 contre -3 le mois précédent.

Aussi, si on creuse un peu (en analysant les différentes composantes de cet indice), on voit que les commandes sont à -23, inquiétant donc.

Ajoutons à tout cela le « fiscal cliff » (mur budgétaire) qui arrive à la fin de l’année (j’en ai déjà parlé dans ces précédentes notes, et l’évoquerai de façon plus détaillée dans une prochaine note), et on s’oriente vers des temps difficiles pour l’économie américaine.

3 – Les chiffres de la semaine

En bref et en vrac, voici les principaux chiffres de la semaine :

  • PIB US du 2ème trimestre à 1,5% (en ligne avec les attentes des analystes)
  • PIB UK du 2ème trimestre à -0,7% (les analystes attendaient -0,2%)
  • PMI de la Chine : 49,5 (au-dessus des attentes des analystes mais en dessous des 50, ce qui indique une contraction de l’activité)
  • PMI manufacturier français : 43,6, c’est pas beau
  • PMI manufacturier allemand : 43,3, c’est vraiment pas beau
  • Ventes de logement neufs aux Etats-Unis : -8,4 % Vs le mois précédent. Ceux qui proclamaient la reprise du secteur immobilier américain se sont peut-être un peu précipités !
  • Commandes principales de biens durables aux Etats-Unis : -1,1%

Ces chiffres confirment le ralentissement de l’économie mondiale, et surtout celui de pays qu’on croyait immunisés (comme l’Allemagne).

4 – Les marchés

  • CAC 40 : + 5,76% sur la semaine alors qu’on se trouvait à plus de -3% à la clôture de mercredi ! Merci Mario !
  • Eurostoxx 50 : + 5,59%
  • S&P : + 2,62%
  • Hang Seng : + 1,16%
  • FTSE 100 : + 1,69%
  • Or : + 2,88%
  • EUR vs USD : + 1,71%

Très fort  rebond des indices actions de la zone Euro donc, suite à l’annonce surprise de Mario Draghi. Les autres marchés actions bénéficient aussi de cette récente euphorie, mais dans une moindre mesure. L’Euro profite aussi largement de l’annonce, ainsi que les métaux précieux comme l’or et l’argent. Plus les banques centrales étendent leur bilan, plus les devises « papiers » (comme l’Euro ou le dollar) baissent, et les « hard currencies » (or, argent) s’apprécient.

Sur ce je vous souhaite un excellent week-end, A.D »

Merci AD! Et désolée pour ce retard! A ciaO***

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